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Cancion de Cuna

IMG_0080“Cancion de Cuna” est l’un de mes morceaux préférés de musique depuis la fin des années 1980. À cette époque, j’avais des amis avec qui je voyageais régulièrement à Vancouver pour passer la majorité de la journée à écumer les librairies de livres d’occasion, et les magasins de musique, pour trouver des trésors intéressants. Ensuite, nous revenions chez nous pour ouvrir une bouteille de vin, écouter des échantillons de la musique que nous avions trouvée, et partager avec enthousiasme nos livres pour tout inspecter et admirer.

Une de nos destinations préférées était « Sikora Classical Records » et c’est là que j’ai tenté ma chance sur un CD d’un guitariste étrange dont je n’avais jamais entendu parler. Je ne sais pas ce qui m’a obligé à acheter “Leo Brouwer: Guitar Music” par Jorge Orasion, mais, si je me souviens bien, je crois que je cherchais simplement quelque chose qui n’était pas “Segovia” afin d’élargir ma très limitée sélection d’enregistrements de guitare classique. Je n’avais aucune idée de ce que j’achetais.

La première fois que j’ai entendu “Cancion de Cuna” sur ce CD, je savais qu’il allait être un de mes favoris, mais je ne savais pas qu’il allait devenir un élément central de mon paysage musical pendant plus de deux décennies.

Pourtant, en dépit de la façon dont cette musique touche un accord interne avec moi, je trouve qu’il est difficile d’exprimer exactement ce qu’elle suscite en moi. Il y a une frontière entre la musique et la langue qui n’est pas facile à traverser. Néanmoins, voici une tentative: L’ecoute de “Cancion de Cuna” semble établir mon bonheur dans quelque chose d’authentique. En ce moment, je deviens conscient de la tristesse qui entoure tout le bonheur. Souvent, quand je l’écoute, je me représente la lumière du soleil inonder une petite pépinière où une jeune mère berce amoureusement son bébé pour l’endormir, un moment de joie pendant lequel, tapi dans les cachots froids et humides de l’éternité, le temps les pousse sans répit vers l’horreur de la mort.

La mouette

la mouette

J’aime bien marcher au bord de la mer sous la pluie, alors que souvent la seule autre âme que je rencontre est une mouette qui me regarde curieusement, comme si j’étais le premier homme sur lequel elle avait fixé les yeux, comme si elle était capable de pensées plus complexes que celle de remplir son ventre. Hélas, il ne peut y avoir aucun lien entre nous, pas de compréhension mutuelle, rien ne circule dans les méandres de son cerveau. Il n’existe aucun moyen pour cette petite machine à plumes de surmonter la solitude ce cette vaste bande vide de terre qui nous entoure.



Je l’ai peut-être sous-estimée ? Comment puis-je savoir ? Elle est peut-être troublée comme moi par ces grains de sable innombrables et les ondulations incessantes de la mer. Peut-elle imaginer aussi la profondeur de l’océan ? Est-ce qu’elle rêve d’étoiles de mer dodues et de lits luxueux d’algues quand ses yeux sont fermés ? Est-ce que sa conscience est troublée quand elle tourne un crabe sur le dos et déchire son ventre mou tandis que ses petites pattes battent l’air, impuissantes ? Est-ce que la viande salée est à son goût ? Sait-elle ce qu’elle est ? 

Je l’ai examinée trop longtemps et elle me suspecte, ou peut-être qu’elle se lasse simplement de moi maintenant. Je ne peux pas savoir. Je la regarde s’envoler haut dans le ciel, son ascension semble laborieuse mais bientôt sans effort. Au-dessus de moi maintenant, je la regarde graver des cercles précis dans le ciel couleur de pierre grise, en un beau mouvement, vide de sens, et à elle probablement inconnu.

Tortue à oreilles rouges

la tortueDernière week-end, j’ai fait une belle promenade avec ma femme à la réserve pour les oiseaux. Il faisait beau et j’ai vu cette tortue à oreilles rouges.